La presse s’invite dans Liminal

C’est fou comme une idée en amène une autre.

Au début, je voulais raconter l’histoire d’un amour en cage (non, pas un physalis).

Mais impossible de me positionner face à cet amour. Alors j’ai eu une idée : et si on en faisait le procès ?
J’espérais que mon lecteur m’aiderait à comprendre ce que moi-même j’écrivais.

Mais pour qu’il y ait un procès, il faut un crime (un délit aurait suffi, mais quitte à faire…).
Donc j’ai attaqué la base 327.

Sauf que…

Sauf que la gravité de l’acte a invité la presse dans mon roman.
Une attaque terroriste ? Impossible qu’elle passe inaperçue.

Désormais, il ne s’agit plus seulement d’un amour, d’un crime ou d’un procès.
Il s’agit d’un récit que tout le monde veut s’approprier.


Un équilibre fragile entre les forces du récit

Un juge veut comprendre.
Un journaliste veut expliquer.
Un personnage veut être entendu.
Un autre veut faire taire.

L’exercice, maintenant, consiste à contenter tout ce petit monde sans qu’aucun n’étouffe l’autre.

Écrire Liminal, c’est jouer à SimCity.

Il faut rééquilibrer sans cesse une société où chaque personnage est mécontent de sa situation.

Si je mets trop d’amour, le procès perd de sa force.
Si je mets trop de procès, l’humain disparaît derrière la mécanique judiciaire.
Si je laisse trop de place aux médias, l’histoire devient un reportage et perd son intimité.

Chaque ajout menace de faire s’effondrer l’ensemble.

Alors je construis, je démolis, je réorganise.
J’ajoute un feu rouge ici, j’ouvre une route là, j’équilibre les besoins en énergie et en oxygène.

Et parfois, je regarde mon récit et je me demande :
Qui a déclenché cette émeute dans mon roman ?

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