50 drones pour un dîner, et alors ?

Quand j’ai pitché l’idée de Liminal à mon entourage, la réaction a toujours été la même :

"Ah oui ! Quand même !"

Suivi, presque systématiquement, d’un avertissement bien intentionné :

"Tu y vas trop fort. Ça ne peut pas être crédible."

Je ne les ai pas écoutés.


Quand l’excès devient une question

Pourquoi ? Parce que cette idée n’a pas surgi de nulle part.

Un jour, dans un moment de colère impuissante, j’ai lancé cette phrase, comme on lâche une provocation, comme on grossit le trait pour exprimer une frustration :

"Mais bordel ! Faut-il que je lance 50 drones sur lui pour qu’il me foute la paix ?!"

Évidemment, ce n’était pas sérieux. C’était une hyperbole, un exutoire verbal. Mais elle est restée. Parce qu’au-delà de son absurdité apparente, elle posait une question intéressante :

    • Jusqu’où est-on prêt à aller pour être entendu ?

    • Quand une idée excessive cesse-t-elle d’être une blague pour devenir une hypothèse, puis un plan ?

    • Et surtout, comment une narration peut-elle s’articuler autour d’un point de bascule aussi démesuré ?

De l’absurde à la structure du récit

Si cette idée s’était révélée immédiatement crédible, elle n’aurait pas eu d’intérêt narratif. C’est précisément parce qu’elle est trop grande, trop décalée, trop improbable, qu’elle devient un point d’ancrage fascinant.

Le récit ne cherche pas à la justifier, mais à l’interroger. Il se construit autour de l’écart entre cette idée et la réalité :

    • Est-ce réalisable ?

    • Qui la prend au sérieux ?

    • Que signifie-t-elle pour le narrateur et pour les autres ?

Ce qui compte, ce n’est pas tant l’acte lui-même, mais le chemin qui y mène, la manière dont il est perçu, interprété, détourné.

Liminal, ou l’analyse d’une dissonance

Là où Liminal devient intéressant, c’est que cette hyperbole initiale ne disparaît pas. Elle est disséquée, tordue, mise à l’épreuve.

Elle n’est pas un simple prétexte à l’intrigue, elle en est le moteur, précisément parce qu’elle est problématique.

Parce qu’au fond, ce n’est pas la question de la faisabilité qui importe, mais celle-ci :

Pourquoi une idée aussi absurde peut-elle sembler, à un moment donné, être la seule réponse possible ?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *