Qui faut-il aimer pour écrire ?

Ses personnages ?

Pas nécessairement.
Il ne faut jamais avoir peur de trop les torturer.
Un écrivain est un bourreau armé d’un clavier.

Si ses personnages souffrent, c’est pour la beauté du récit.
Si un écrivain les aime trop, il risque de les ménager, de les protéger, de trahir leur vérité.

Alors non, il n’a pas besoin de les aimer.
Il doit les comprendre, les pousser à bout, leur refuser tout répit.

Soi-même ?

Un peu, oui.
Assez pour se convaincre chaque matin de continuer.
Assez pour limiter sa consommation de café.

Ça serait trop bête de finir à l’hôpital avant la fin du livre.

Elle ?

Oui, évidemment.
Mais ce qui vaut pour Liminal ne vaut pas pour tous les textes.
L’amour peut être un moteur, mais il ne suffit pas.
Il faut aussi de l’obsession, du doute, du silence, du vertige.

Son lecteur ?

C’est compliqué.

Il n’est pas encore là.
Le texte n’est pas encore sorti.
Écrire, c’est s’adresser à un inconnu.

Mais impossible d’écrire sans aimer son lecteur.

Alors je mets dans Liminal le même amour pour mon (futur) lecteur que celui que j’ai pour Elle.
Un amour qui ne force pas, qui ne contraint pas, qui n’enferme pas.

Un amour qui commence par le respect absolu de sa liberté.

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